Ateliers citoyens ou la révolution citoyenne en marche

15 juin 2013
ateliers citoyens

Premiers ateliers citoyens : mardi 18 juin, à l'Agora (Granville), 18h et 20h

Révolution civique versus Révolution citoyenne…

19 mai 2013

Et au milieu l’eau tiède sociale-libérale
de François Hollande.

Le point de vue
[nouvelle rubrique] de Ralph Lejamtel

La Bastille, manifestation pour la 6è république 5 mai 2013

Manifestation du Front de Gauche pour la 6è république 5 mai 2013

La manifestation du 5 mai 2013 fut un événement. Pourtant, en dépit de l’incontestable force d’entraînement qu’elle représente,  la réalité de cette marche citoyenne  nécessite un travail d’appropriation collective afin d’éviter que le soufflet ne retombe sans perspectives concrètes.
Les assises du 16 juin et les initiatives régionales du premier week-end de juin seront l’occasion d’approfondir la riposte aux renoncements du pouvoir (Loi d’amnistie sociale, Florange…) à son alignement décomplexé sur les thèses de la politique de l’offre (Crédit impôt compétitivité, accord CFDT/MEDEF  facilitant les licenciements collectifs…).
La possibilité d’imposer un changement de cap demeure une stratégie discutée entre les composantes du Front de Gauche. De quelles ruptures parle-t-on ? Où place-t-on le curseur de notre opposition ? Quel est le crédit accordé au front de gauche chez celles et ceux qui ont abandonné l’espoir de voir Hollande s’attaquer aux forces de l’argent ? Quelles sont les conséquences politiques dans les collectifs locaux du conflit plus ou moins larvé entre Jean Luc Mélenchon et le PG d’un côté, André Chassaigne, Pierre Laurent et le PCF de l’autre ? En d’autres termes, sommes-nous en capacité de traduire en actes ce que l’idée de « révolution citoyenne » véhicule dans l’imaginaire de certains ?

Si ces questions ne sont pas insurmontables, un regard à droite indique d’ores et déjà que l’heure n’est pas à l’illusoire et confuse notion d’union nationale.
Aujourd’hui, en effet  la nouveauté vient de l’UMP tendance Copé, qui en lançant sa « Révolution civique » souligne mieux le degré atteint par la crise que ne le font les éditorialistes sous cloche, façon Duhamel, plus préoccupé de résister à l’ascension de  Jean Luc Mélenchon  qu’à celle de Marine Le Pen !
Proposant tout à la fois d’asseoir son autorité sur l’UMP et de la positionner en recours à l’aggravation des conditions de vie et d’emplois, J.F Copé propose une feuille de route sur laquelle il faut s’arrêter.
Indépendamment du tumulte ambiant à droite, ce qui prospère c’est la volonté d’une revanche cinglante pour terminer la révolution conservatrice inachevée de Sarkozy.
La réussite de cette stratégie implique que les contours de l’alliance avec le FN aient atteint un niveau suffisant pour additionner les deux dynamiques, celle de la droite populaire et  celle du FN façon bleu marine. Ce courant est-il majoritaire à droite, c’est la question ?
Il n’est pas anodin que l’UMP recours à la notion de révolution civique, la droite comprend que l’heure est à une accélération des bouleversements institutionnels. La crise politique, instrumentalisée par la droite  se concentre sur les questions sociétales et celles d’identité. Sur les questions économiques et sociales, la controverse économique avec François Hollande s’apparenterait en effet trop  à ce que serait un débat entre Dominique Seu et Marc Sylvestre. Un exercice de style vain et stérile.

Face à l’agressivité de la droite, la gouvernance à la sauce Hollande a quelque chose de surréaliste. Hors de question pour notre président promotion Voltaire d’impulser un travail idéologique d’élucidation des multiples dominations qui précarisent, excluent, concentrent les richesses.
Hors de question de mener la fronde contre le pouvoir opaque et exorbitant des banques. Hors de question de mener un travail constituant pour sortir  de la monarchique cinquième République.
Non, l’énergie de notre président normal est orientée vers la baisse du coût du travail, la promotion de l’esprit d’entreprendre chez les élèves dès le plus jeune âge,  mais aussi les facilités de licenciement  dans le privé.
Par cette politique sociale digne des années d’or de l’âge libéral, Hollande laisse grand ouvert le scénario d’une jonction entre les réactionnaires de la manifestation pour tous et un électorat déboussolé qui aura tôt fait de crier avec les loups dans un amalgame nauséabond.
De même que nommer Cahuzac avait constitué une faute politique en même temps qu’un total manque de discernement, poursuivre dans la voie d’une politique aussi peu soucieuse de s’attaquer à la crise sauf en agitant des outils vétustes et les dogmes d’un monde englouti,  c’est-à-dire celui des réformes du FMI des années 90, constitue un contre-sens historique que la gauche risque de payer le prix de la débâcle.

La Révolution citoyenne ou la Révolution civique ? Force est de constater que l’alternative entre une table qu’on renverse à gauche et une table qu’on renverse à droite prend de plus en plus les allures d’un scénario plausible.
Il faut que passe cet air du temps qui rappelle la citation de François Mitterand «  Il faut mépriser l’évènement et avoir la passion de l’indifférence. », car à la fin ce sont toujours les mêmes qui paient la facture de ce nihilisme faussement moderne.
L’heure est à la mobilisation progressiste, partout, et sur tous les sujets !

ANI : la « sécurisation de l’emploi » (sic) à marche forcée

18 mai 2013
http://www.dailymotion.com/video/xyb8vc

ANI (Accord National Interprofessionnel) dit « Accord sur la sécurisation de l’emploi » = Accord sur la sécurisation des bénéfices des patrons et sur la possibilité de licencier plus facilement !
La patronne du MEDEF, s’en réjouit : «le contenu de cet accord est profondément innovant parce qu’il couvre un champ très large de la vie du travail, de la vie sociale, parce qu’il va transformer la gestion des ressources humaines». Si Mme Parisot se réjouit, c’est que cet accord prévoit de nouvelles attaques contre les salariés!

Aujourd’hui Demain
Vous pouvez refusez, dans beaucoup de situations, un changement de poste ou de lieu de travail sans que cela puisse vous être reproché…
Avec cet accord, qui permet un accord d’entreprise signé par n’importe quel représentant des salariés, vous refusez et vous êtes licencié pour motif personnel.
Vous pouvez réclamer le paiement des heures supplémentaires remontant aux 5 dernières années…
Vous ne pourrez que sur les 3 dernières années.
Baisses de salaire et modifications du temps de travail sont impossibles…
Si vous refusez l’application de l’accord collectif «maintien de l’emploi», vous serez licencié pour motif économique individuel. 
Le CDI intermittent existe, seulement, s’il y a accord de branche…
Il pourra être généralisé dans les entreprises de moins de 50 salariés.
Le licenciement économique collectif est encadré…
Ce nouvel accord facilitera les licenciements.

Le nouveau modèle social que cet accord veut imposer n’a rien de nouveau : c’est le règne du «gré à gré», de la destruction des socles de garanties collectives, comme si le salarié était à égalité avec son patron. C’est le libéralisme et sa loi de la jungle !

Cet accord est le contraire de ce que nous proposons au FDG : nous voulons mettre l’homme au centre de la société, nous voulons répartir différemment les bénéfices des sociétés, nous refusons que l’homme soit une valeur d’ajustement des bénéfices, pour nous c’est l’humain d’abord !

C’est pourquoi les parlementaires communistes ont déposé ces 74 propositions d’amendements pour une véritable sécurisation de l’emploi (détaillés ici)

  • pour des critères nouveaux de gestion des entreprises,
  • des pouvoirs nouveaux pour les salariés,
  • un développement de la formation professionnelle
  • l’accès de tous à l’emploi
  • un encadrement strict des formes d’emploi les plus précaires
  • une maîtrise par les salariés des licenciements économiques

 

1234